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CATEGORY Interior
LOCATION PARIS, FRANCE
CLIENT PRIVATE
PROGRAM -
SURFACE 75 M²
DATE 08/2008

Cette résidence secondaire appartenant à un couple de retraités franco-britannique, est située quai de Bourbon sur l’île Saint Louis. L’appartement situé au RDC fut anciennement l’atelier de la sculptrice Camille Claudel.

L’appartement est de taille modeste (75 m²) et se compose, lorsque l’on nous confie sa réhabilitation, d’une unique chambre (située dans l’actuelle cuisine) et d’un vaste séjour longitudinal, adossé à un mur en pierre naturelle et regardant les 4 fenêtres sur la cour.

Le couple souhaitant pouvoir accueillir ses 2 filles (et leurs conjoints respectifs) lorsque celles-ci sont de passage à Paris, on nous demande d’implanter deux chambres dans le volume principal (et de créer une vaste cuisine dans l’ancienne chambre). L’enjeu principal du projet est donc d’ajouter harmonieusement deux espaces de vie (autonomes, intimes et éclairées naturellement) dans le beau volume initial, tout en conservant ses qualités spatiales, d’éclairement et d’ouverture sur la cour…

Nous avons donc placé, aux deux extrémités du volume, deux « boites à dormir », deux chambres réduites à leur plus simple expression, « espaces nuit » à la fois fonctionnels et abstraits. Ces boites sont chacune constituée d’un socle épais (sommier) accueillant des rangement coulissants, de trois parois latérales (comprenant quelques rares niches « de chevet ») et d’un plafond. Chacune des parois de ce « cube à 5 faces » a une véritable épaisseur (17 cm) et ai traitée de manière rigoureusement identique, lisse et blanc, ne laissant apparaître aucun joint de construction. L’unique élément meuble venant prendre place à l’intérieur étant un épais matelas. De nuit, l’utilisateur a la sensation d’être lové dans un abri blanc et abstrait, simple extension tridimensionnelle de son lit et écrin propice au songe…

L’autonomie et l’intimité des deux chambres est obtenue grâce à deux épais et majestueux panneaux coulissants, véritables murs mobiles. Ceux-ci offrent à l’espace central de multiples configurations spatiales : d’une perception totale du linéaire de la façade (de jour), à un espace plus recentré (de nuit, et lorsque chacune des boites est occupée par un couple), en passant par toutes les positions intermédiaires.

La plus grande des deux boites (ou chambre principale) se prolonge par un « espace travail », un secrétaire parallélépipédique et blanc, suspendu au mur mitoyen. La vue se prolonge sur l’arrière de la cour et un haut mur recouvert de lierre. La plus réduite (ou chambre secondaire) n’est constituée que de l’espace à dormir. Elle bénéficie d’une vue privilégiée sur la sculpture de Camille Claudel située au centre de la cour et d’un téléviseur plat fixé dans l’épaisseur même de la paroi coulissante. En position fermée, la chambre se transforme en véritable espace de projection, exclusif, confortable et intime.

La cuisine est traitée de manière linéaire ; elle est adossée à l’épais mur en pierre naturelle dégageant ainsi le mur à colombages qui lui fait face. De larges dalles carrées de pierre naturelle grise et satinée, recouvrent la totalité du sol de l’appartement. La pierre constitue le socle neutre et élégant permettant aux deux boites blanches d’exprimer leur éclat et leur singularité. Elle offre enfin à l’exiguïté de la salle de bain (en y revêtant également les murs), une matérialité forte et tangible.